Dernières parutions sur le deuil

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Nous vous informons régulièrement d’ouvrages récemment édités sur le deuil.

L’océan de ton absence


Parution : mars 2018
9782365980975

Ecrit d’une plume sûre et délicate par une mère ayant perdu ses deux seuls enfants, L’océan de ton absence n’est pas seulement le témoignage bouleversant d’un drame absolu, c’est aussi une réflexion sur l’existence, la mort et le début de la traversée du deuil.
Ce texte déchirant et vibrant de poésie vous saisira d’une puissance d’émotion qui de bout en bout vous coupera le souffle au-delà de sa lecture avec, en filigrane, un message sur la fragilité de la vie et le devoir de la préserver.

La vie après le suicide d’un proche

Le Passeur éd., 12 oct. 2017280 pages
En France, environ 10 000 personnes se suicident chaque année. Toutes les classes d’âge et les catégories socio-professionnelles sont touchées. On estime que chaque suicide impacte lourdement environ 40 personnes. Quand un proche se donne la mort, son entourage vit un véritable tsunami. Choc post-traumatique, culpabilité, colère, honte, le deuil après le suicide est bien particulier. Ce que vivent les familles touchées par le suicide d’un proche reste encore méconnu. Ce livre donne la parole à ces endeuillés du suicide. Que le décès date de quelques mois ou de plusieurs années, ils racontent leurs histoires, partagent leurs expériences et prouvent que l’on peut non seulement survivre mais vivre. Leurs témoignages sont éclairés et complétés par les regards de spécialistes comme le psychiatre Christophe Fauré ou Xavier Pommereau, psychiatre travaillant avec les adolescents.

 

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Bibliographie pour les enfants en deuil et leur famille

Bibliographie aide aux personnes endeuillées

La Fédération Vivre Son Deuil vous propose une série d’ouvrages destinés à aider l’enfant affrontant une situation deuil, mais aussi son entourage :

Livres pour enfants de 3 à 6 ans

Ma maman ourse est partie René Gouichoux, Olivier Tallec Castor Flammarion 2003
Tu seras toujours avec moi Mariko Kikuta, Albin Michel jeunesse 2003
Un paradis pour petit Ours Dolf Verroen, Milan 2003
Au revoir Papa, Emmanuelle Eechout, Emile Jadoul, Pastel l’ecole des loisirs 2006
Et après Malika Doray, Didier jeunesse 2002
Ni oui, ni non Michelle Daufresne, Bilboquet 2000
Petit lapin Hoplà Elzebieta, Ecole des loisirs 2001

De 6 à 9 ans

Au creux de la noisette Muriel Mingau, Carmen Ségovia, Editions Milan 2005
Nos petits enterrements Ulf Nilsson, Eva Eriksson, Editions Pastel 2006
Mon miel, ma douceur Michel Piquemal, Elodie Nouhen, Didier jeunesse 2004
Eva et Lisa Thierry Robberecht, Philippe Goossens, Père castor Flammarion 2004
La caresse du papillon Christian Voltz, éditions du Rouergue 2005
Et puis après on sera mort Elisabeth Brami, Tom Shamp, Seuil jeunesse 2000
On a planté mémé Emilie Gautrey, Dominique Maes, Lo païs d’enfance/le Rocher 2006
Véra veut la vérité Lea Huston, Nancy Huston, Willi Glasauer, ecole des loisirs, collection mouche 1992, 1994
Mange tes pâtes Mikaël Ollivier, Editions Thierry Magnier, 2003
Une maman comme le vent Agnès Bertron, Volker Theinhardt, Acte sud junior, collection histoires sages, 2000

Ouvrages pour les 9-12 ans

  • Moi et rien Kitty Crowther, L’école des loisirs, 2000Adieu Valentin Marit Kaldhol, Oyen Wenche ;
  • L’école des loisirs, 1990Oscar et la dame rose Eric-emmanuel Schmitt, Albin Michel 2002 ;
  • Les petits cailloux Catherine Ribeiro, Henri Fellner Actes sud junior, collection premiers romans, 2002 ;
  • Le goût des mûres Doris Smith Buchanan, Christophe Blain, gallimard jeunesse, collection folio cadet n°310, 1999.

12/15 ans

  • Si même les arbres meurent Jeanne Benameur, Editions Thierry Magnier 2000 ;
  • Le garçon qui voulait courir vite Pierre Botero, Père castor Flammarion,2002 collection la vie en vrai Castor poche n°903 ;
  • Adieu Benjamin Chantal Cahour, Editions Rageot, 1995 ;
  • Mère absente, fille tourmentée Rolande Causse, Georges Lemoine, Gallimard jeunesse 2002 ;
  • Un kilo d’oranges Roselyne Morel, Gilbert Raffin, Hachette jeunesse, collection livre de poche jeunesse, 1989 ;
  • Un bisou de poisson rouge Cécile Rossard, Editions Diabase, 2006.

Ouvrages facilitant la réflexion sur le deuil

  • Au nom de la vie raconte moi la mort Claire d’Hennezel, Editions du Rocher, 2003 ;
  • Si on parlait de la mort Catherine Dolto-Tolitch, Colline Faure-Poirée, Gallimard jeunesse/giboulées, 1999 ;
  • Le petit livre de la mort et de la vie Delphine Saulière, Rémi Saillard, Bayard jeunesse 2005 ;
  • La mort, en parler avec mon enfant Michel Hanus, Isabelle Hanus, Nathan 2008.

Ma sœur parle à son mari décédé, ou alors elle « parle » de lui sur Facebook

Les rites nécessaires du deuil

« Mon beau-frère est mort d’un cancer foudroyant il y a 18 mois. Depuis, ma sœur passe son temps à échanger sur lui avec d’autres internautes et elle va lui parler au cimetière deux fois par semaine. Devrais-je m’inquiéter ? »

« Vivre le deuil »

La perte d’un être cher est une expérience dévastatrice pour de nombreuses personnes. Il y a tellement d’éléments qui entrent en ligne de compte dans cette période troublée qui suit un décès.

Les endeuillés cherchent du réconfort autours d’eux, ils ont besoin d’être écoutés, soutenus, ils ont besoin de parler du défunt, de raconter des souvenirs, d’écrire, en quelque sorte le dernier chapitre de la « biographie » de l’être aimé.

rites deuilC’est à cela que servaient les rites funéraires, les veillées de prières autour du corps du défunt, les repas d’enterrement qui étaient si courants, il y a encore quelques décennies.

Les services funèbres apportaient du réconfort aux proches dans le chagrin, ils disaient quelque chose d’une espérance quant à une vie future, après la mort. Ce qu’on voit actuellement, c’est une diminution de tous ces rites, ce sont les services funèbres fait dans « la plus stricte intimité », ou alors « sans paroles », trente minutes de musique dans une chapelle grise d’un funérarium, en guise d’adieu. La crémation avec dissémination des cendres dans les endroits les plus improbables, enlève encore le lieu du souvenir, l’endroit où se recueillir sur la tombe du défunt.

Au milieu de toutes ces transformations relativement rapides, de nombreux endeuillés sont déboussolés. Il n’y a plus de repères stables. De nouveaux modes d’expression du deuil fleurissent : des cimetières virtuels sur internet, des forums, des pages sur Facebook, des « mémoriaux » créés sur Twitter, Facebook ou Instagram où des internautes se donnent du réconfort entre eux, partagent leurs souvenirs de la personne décédée ou s’adressent directement à la personne décédée : « Tu me manques tellement », « Je n’arrive toujours pas à croire que tu es morte ».

Selon le professeur Bonanno, de l’Université de Columbia, à New York, les endeuillés ont tellement besoin de parler du défunt et de recevoir du soutien, ce qu’ils ne trouvent plus autour d’eux, qu’ils ont recours à cette communauté plus large et lointaine qui joue maintenant le rôle que jouait la communauté villageoise dans le temps.

La dissémination des cendres ne permettant plus un lieu de recueillement où la personne est identifiée, la plus souvent, c’est sur Internet que l’on peut déposer des photos, des fleurs.

Le cimetière de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (fcfq.coop) offre la possibilité de mettre une page de biographie sur le défunt, des photos, des messages personnels, des souvenirs audios ou vidéos, l’envoi automatique de courriels aux dates anniversaires.

Échanger avec d’autres à propos du défunt, recevoir des photos, audios, ou vidéos à propos de périodes de sa vie, qu’ils ne connaissaient pas, par des amis d’enfance ou famille éloignée, cela permet de mieux connaître encore celui ou celle qui les a quittés.

Concernant le fait de s’adresser directement au défunt

Des chercheurs ont analysé des sites sur Facebook et vu que le 77% des visiteurs adolescents parlent au défunt directement, « Tu étais tellement chouette, j’espère que tu es bien là où tu es ! »

Ainsi, parler au défunt, s’adresser à lui ou elle, à haute voix, lorsqu’on va sur sa tombe, cela n’a rien d’inquiétant.

parler au defuntAu contraire, la plupart des gens sont parfaitement conscients que leur défunt est mort et beaucoup d’entre eux disent même qu’ils savent que la personne qu’ils aimaient ne peut pas les entendre, mais ils s’adressent en réalité, à la représentation intérieure qu’ils ont du défunt. Ils s’imaginent la réponse qu’ils recevraient de cette personne et cela leur fait du bien.

En ce qui concerne Facebook, il y a un certain nombre de problèmes : ce qui a été publié échappe ensuite au contrôle de l’endeuillé, certains internautes n’arrivent pas à démontrer une compassion appropriée dans leurs commentaires, ou alors, ils participent à des échanges, alors qu’ils n’ont pas de connexion avec le défunt, ce qui peut déranger certains proches.

On retrouve avec l’utilisation des médias ce qu’on avait lors d’enterrements traditionnels : des personnes qui sont là par convenance sociale plutôt que par réelle amitié.

Le deuil, un événement social

Il y a une vraie transformation des rites et des rituels qui accompagnent le deuil. Beaucoup de choses changent et continueront à changer, c’est certain. Cependant, tous les médias du monde ne remplaceront jamais la chaleur humaine d’une étreinte, le réconfort d’une présence physique, les échanges verbaux entre endeuillés. Comme l’écrit une maman sur le forum d’hommages.ch : « J’aimerais que nous puissions nous réunir, partager, organiser des sorties… »

De nombreuses traditions se perdent, mais de nouvelles formes de soutien prennent le relai :

  • Des lignes téléphoniques de soutien
  • Des cafés-deuil ou chacun peut parler de son deuil et écouter les autres
  • Des groupes de soutien pour endeuillés, pour veufs et veuves
  • Des célébrants laïques qui proposent des rituels adaptés aux situations particulières de certains endeuillés
  • Des associations qui regroupent des parents endeuillés.

Pour revenir à la question posée par notre correspondante : Non, il n’y a pas à s’inquiéter lorsqu’une personne endeuillée parle au défunt, cela fait partie du processus de guérison, surtout lorsqu’il n’y a que 18 mois que la séparation a eu lieu.

En général, au bout de deux ou trois ans, l’endeuillé a réussi à créer de nouveaux liens et le besoin de se rendre au cimetière ou à passer du temps à échanger à propos du défunt sur internet diminue.

Si vous avez des contacts chaleureux avec votre sœur, offrez-lui de parler de son mari défunt, ou de l’accompagner lorsqu’elle se rend au cimetière, assurez-la que vous êtes disponible lorsqu’elle a besoin de parler d’elle ou de son mari.

Ne craignez pas de lui parler de son mari, d’évoquer des souvenirs positifs.

Acceptez que votre sœur soit là où elle en est, qu’elle aille à son rythme et qu’elle vive son deuil de la manière qui lui apporte le réconfort qu’elle souhaite.

Prenez aussi soin de vous. Nous vous souhaitons courage dans votre accompagnement, et à chacun de vous, amis lecteurs, nous souhaitons une très belle semaine.

Pour aller plus loin

Cimetières virtuels :

  • Nous n’avons pas d’information fiable à vous transmettre ( novembre 2019)

Cafés-deuil :

Parents en deuil :

Livre : George A. Bonanno, De l’autre côté de la tristesse, Editions Le Dauphin Blanc

Je n’aurai pas fini ma tâche !

« Je suis atteinte d’une maladie cancéreuse à l’issue incertaine. Très soutenue par ma famille, j’arrive à accepter l’éventualité d’une aggravation de mon état. Ce qui me ronge, par contre, c’est que je n’aurai pas fini ma tâche. »

« Finir sa tâche »

Notre correspondante explique qu’elle est jeune retraitée et grand-maman de deux enfants de 4 et 6 ans. Elle avait désiré prendre sa retraite à 60 ans pour pouvoir garder les enfants de sa fille, trois jours par semaine, et permettre à cette dernière de retravailler. Tout était bien organisé et voilà que cette maladie arrive, chamboulant tous les plans. C’est cet aspect-là qui lui coûte le plus. Elle se réjouissait de donner l’amour d’une grand-mère à ses petits-enfants, de les entourer, de les aider, et peut-être qu’elle sera privée de tout cela.

fin de vie etape deuil acceptationNe pas pouvoir aller jusqu’au bout de son projet, quel qu’il soit, c’est toujours quelque chose de difficile, parfois même de déchirant. Le ressenti de ceux qui vivent ces situations est celui d’un deuil à traverser avec ses moments de révolte, de tristesse, pour finalement arriver à une certaine acceptation. Accepter de vivre l’inachevé, c’est accepter son humanité, car être humain, c’est être confronté à la finitude.

Toutes les réalisations humaines comportent une fin. Tous les humains ont une vie limitée. Bien sûr, tout cela n’enlève en rien le chagrin, le sentiment de deuil, pourtant certains textes anciens comme les versets 15 et 16 du Psaume 103, nous rappelle notre condition : « L’homme ! Ses jours sont comme l’herbe. Il fleurit comme la fleur des champs. Lorsqu’un vent passe sur elle, elle n’est plus. » L’inachevé est en nous et autour de nous et c’est pourquoi, nous avons à vivre pleinement ici et maintenant. Seul cet instant nous appartient, c’est là que nous pouvons apprendre et aimer.

Une parole, attribuée au Bouddha, recèle une grande sagesse et peut nous réconforter alors que nous avons à faire face à l’inachevé :

« A la fin de la vie, seules trois choses importent :

  • Combien nous avons aimé
  • Avec quelle bienveillance nous avons vécu
  • Avec quelle grâce et dignité, nous avons pu lâcher-prise de ce qui ne nous était pas destiné. »

Combien nous avons aimé

Quelles que soient les circonstances, il est possible de manifester de l’amour, bien imparfaitement, bien sûr, puisque nous sommes des humains limités. L’amour, la compassion pour soi-même et les autres, c’est une force incroyable qui transforme tout. Même si le temps est court et que la vie se termine trop tôt, à notre avis, lorsque l’amour était présent, alors tout est accompli il n’y a rien d’inachevé.

Avec quelle bienveillance, nous avons vécu

Lorsqu’une vie est vécue dans la bienveillance, elle est parsemée de milliers de petits actes d’attention aux autres, de gestes d’amitié, de regards encourageants, de pardons qui font du bien. Que la vie soit longue ou brève, la personne bienveillante laisse une trace ineffaçable puisque chaque pensée, chaque parole ou acte d’amour rend le monde un peu meilleur.

Avec quelle grâce et quelle dignité nous avons pu lâcher-prise de ce qui ne nous était pas destiné.

Tant de gens ne reçoivent pas de la vie ce qu’ils en espéraient. Ils se voyaient fonder une famille et le couple est stérile, ils espéraient devenir très vieux et une maladie grave abrège leur vie. Ils avaient rêvé d’un métier qui leur aurait permis de voyager et les circonstances les privent de leur rêve. Ils espéraient vieillir avec leur conjoint et les voilà, veuf ou veuve.

Tout être humain doit faire face à des déceptions multiples au cours de sa vie, elles sont aussi pénibles et nombreuses que ses attentes étaient grandes.

Certains ne parviennent pas à accepter : ils se révoltent, maudissent « le destin », ressassent à l’infini ce qui aurait dû être, ce qui aurait pu être, ce dont ils ont été privé. Ils restent aveugles à tout ce que la vie pourrait leur apporter malgré tout. Il y a ceux aussi qui, après un temps de révolte normal, parviennent, dignement et même avec une sorte « d’élégance » à dire « oui » à la vie telle qu’elle est. Ils savent qu’ils ne pourront pas terminer «  la tâche » qu’ils s’étaient donnée, et ils font de chacun des instants de leurs jours, une occasion d’aimer et d’exprimer de la bienveillance. Ils prennent conscience du fait que l’amour est toujours plus fort que la mort, que les obstacles et les renoncements.

Pour vous, chère correspondante, il y a la possibilité de donner beaucoup d’amour à vos petits-enfants, de les prendre dans vos bras, de leur dire à quel point ils sont précieux et dignes d’être aimés. Vous pouvez passez du temps avec eux et leur raconter de belles histoires. L’intensité des moments que vous passez avec eux s’enregistre en eux et restera toujours comme une perle de grand prix dans leur mémoire. C’est la qualité du temps passé avec eux qui est importante avant tout et non la longueur de ce temps.

La chanson de Michel Fugain «  Je n’aurai pas le temps », nous le rappelle :

« Et, pour aimer, comme l’on doit aimer quand on aime vraiment, même en cent ans, je n’aurai pas le temps, pas le temps… »

Ainsi, c’est dans l’instant présent que nous pouvons aimer, nous ne savons rien du futur. Nous formons beaucoup de vœux pour votre santé et vous disons notre admiration pour votre capacité de consentir à ce qui est !

A vous, chère correspondante et à chacun de vous, amis lecteurs, nous souhaitons une très belle semaine.

Pour aller plus loin.

La plénitude de l’instant de Tich Nhat Hahn – Éditions Marabout

L’apprentissage de l’imperfection de Tal Ben-Shahar – Éditions Belfond

« Je n’arrive pas embrasser ma mère qui est en fin de vie. »

« Ma mère, très âgée, est en fin de vie. Elle ne peut plus parler. Je sens qu’elle voudrait un contact physique avec moi, mais je ne peux pas ! »

Le poids de l’histoire. Notre correspondant, que nous nommerons Rémy (prénom fictif) est désolé de cette situation. Il explique les difficultés de son enfance avec une mère dépressive, incapable de manifester de l’amour à ses enfants et qui préférait le frère de Rémy. Il dit les longues années sans aucun contact avec cette mère qui a décliné. Il évoque sa rencontre avec elle, « poussé par son épouse qui lui prédisait qu’il regretterait de ne pas être allé voir sa mère ». Rémy relate son mal-être et cette impossibilité qu’il ressent à l’idée de tenir la main de sa mère ou de l’embrasser. « Peut-être penserez-vous que je suis un monstre », écrit-il. Avez-vous rencontré d’autres hommes comme moi ? Y a-t-il quelque chose à faire ?

Le mail de Rémy est émouvant on sent son désir de vivre cette relation autrement et toutes les raisons qui l’en empêchent.

Toute vie comporte des épreuves, des difficultés. Lorsque le temps de l’enfance ne comporte pas la construction d’un lien d’amour et de confiance entre parents et enfants, il manque quelque chose d’essentiel et durant toute la vie, il y aura une recherche et / ou une nostalgie pour ce lien qui n’a pas pu se créer. La manière dont chacun réagit à une enfance douloureuse est personnelle et unique. Certains enfants, une fois adulte, s’en vont et coupent les ponts, définitivement. Ils créent leur vie, leur famille et n’entrent plus en contact avec leurs parents. D’autres tentent de maintenir et et de modifier cette relation, ils ne peuvent renoncer à ce qu’ils auraient tant souhaité avoir et restent en contact avec leurs parents au prix, souvent, d’innombrables frustrations. Il arrive aussi que certaines réconciliation aient lieu, surtout ou moment où naissent les petit-enfants, ou après un parcours de développement personnel.

Honore ton père et ta mère.

fin de vie parentLes enfants sont sensés prendre soin de leur parents, et ceux qui le disent se basent souvent, dans notre culture, sur un commandement biblique. Il y a pourtant beaucoup d´incompréhension de ce « commandement ». La théologienne Lytta Basset évoque souvent ce thème dans ses conférences. Honorer, dans les textes bibliques signifie ; respecter, donner « du poids », de l’importance. Il ne s’agit nullement d’instaurer une relation parfaite, ni de garder chez soi des parents qui ont besoin d’un encadrement que ne peuvent pas assumer les enfants. Il ne s’agit pas non plus de s’étioler dans une relation pathologique sous prétexte qu’il s’agit de ses parents. Les circonstances sont si variées, il faut se garder de juger qui que ce soit. « Tout comprendre, ce serait tout pardonner » écrivait St. Augustin.

Se sentir incapable de manifester de l’affection n’a rien voir avec une faute quelconque ! On est bien loin d’être un monstre parce qu’on ressent ou ne ressent pas quelque chose et qu’on a l’authenticité de ne pas faire semblant de donner de l’affection qu’on ne ressent pas.

Y a-t-il des solutions ?

A partir du moment où il y a désir de modifier la situation, il existe des chemins envisageables pour mettre à jour ce qu’il y a d’affection, d’amour au fond de soi, malgré les circonstances.

1) La lettre qu’on brûle.

L’un des moyens consiste à prendre un moment tranquille pour soi et d’identifier les griefs que l’on a à propos de ses parents : qu’est-ce qui m’a manqué ? Quelles attitudes ou comportements à mon égard me semblent inacceptables ? Puis, il s’agit pour Rémy, d’écrire une lettre à sa mère où il énumère tout ce qu’il lui reproche, sans se censurer. Cette lettre n’est pas destinée à être lue à la mère, mais bien à être brûlée. Il est souvent nécessaire d’écrire deux ou trois lettres et de les brûler l’une après l’autre. Parfois, ce moyen permet de lâcher-prise d’une partie du ressentiment que l’on abrite, d’autres fois, cet exercice amène à une forme de pardon libérateur. Chaque situation est unique. On peut aussi garder les cendres de ces lettres, les amener dans le jardin ou à l’orée d’un forêt et creuser un trou dans lequel on les dépose. Avant de refermer le trou, on y dispose une plante fleurie, signifiant par là que de ces cendres quelque chose peut naître.

2) L’ouverture du cœur.

Parmi les pratiques qui émanent de la tradition bouddhiste et qui sont enseignées plus largement, il en est une qui se nomme Tonglen ou donner et recevoir. Contrairement à certaines pratiques plus connues , celle-ci ne consiste pas à inspirer de l’énergie positive, de l’amour et à expirer la souffrance. Il s’agit-là d’inspirer dans notre cœur symbolique la souffrance des autres avec le souhait de la diminuer ainsi que l’ignorance qui la cause, puis d’expirer de la compassion et de la paix à l’intention de personnes ou des groupes de personnes. On peut aussi recourir à cette pratique lorsqu’on ne ressent pas de compassion pour quelqu’un. Dans ce cas, on inspire le sentiment de fermeture à l’autre, puis on expire de l’espace, de la détente, du lâcher-prise. Se sentir bloqué, fermé ne fait pas obstacle au Tonglen. On continue à inspirer et expirer sur ce qui est ressenti comme un blocage et qui devient , petit à petit un germe d’éveil du cœur ! (Pema Chödrön)

Surtout, quoi qu’il arrive, il s’agit de ne pas se juger. Chacun fait le mieux qu’il peut faire et une évolution positive est toujours possible.

A vous, cher Rémy, nos envoyons nos vœux de sérénité et de lâcher-prise dans la situation difficile que vous traversez et à chacun de vous, amis lecteurs, nous souhaitons une belle semaine.

Si vous aussi, vous avez une question ou un témoignage concernant votre deuil, écrivez-nous !

Pour aller plus loin :

Pema Chödrön – Sur le chemin de la transformation ( le Tonglen) Éd., Pocket.

Rosette Poletti. – Mandalas de lâcher -prise Éd. Jouvence :

Jacques solomé – Apprivoiser la tendresse Éd. Jouvence

Croire ou ne pas croire au paradis ? – Les courriers du deuil

« Devrais-je dire à ma fille de 8 ans qui est en fin de vie que je ne crois pas paradis ? »

Comment faire ?

Ce qui fait tout l’intérêt d’animer cette rubrique, c’est la variété des questions posées, des problèmes partagés par nos correspondants. Que répondre ? Parfois, c’est tellement complexe…

Une lectrice romande nous interpelle ainsi : ma nièce de 8 ans est en fin de vie dans l’hôpital d’une grande ville française où habitent ses parents. Ma sœur m’a demandé de vous envoyer le mail suivant : « Comment être vraie avec ma fille ? Elle reçoit beaucoup de visites et comme elle sait qu’elle ne va pas guérir, elle parle volontiers avec ceux qui viennent la voir, du ciel, du paradis, du fait qu’on se retrouvera tous ensemble dans ce paradis. Elle n’a pas vraiment mal, elle est bien soignée, moi j’essaie de la distraire, de passer le plus de temps possible avec elle.

parent enfant deuilSouvent, elle me demande de lui confirmer que nous nous retrouverons au ciel. Moi, je suis très mal à l’aise, je suis non croyante, je pense que la mort est la fin de tout, que le ciel et le paradis sont des fantaisies que se créent les humains pour avoir moins peur d’affronter la mort. Je ne crois pas en Dieu non plus.

Je pense que ce sont mes beaux-parents qui gardaient ma fille deux à trois jours par semaine qui lui ont mis ces idées dans la tête et aussi d’autres enfants du service où elle se trouve qui partagent cette croyance. Pour moi, il s’agit de vérité et de cohérence, je n’ai jamais menti à ma fille et je ne voudrais pas commencer maintenant. Que pourriez-vous me conseiller ? »

La situation décrite ci-dessus est très complexe. Il y a le vécu de cette petite fille de 8 ans qui est consciente de son état et qui doit affronter la mort et la séparation de ceux qu’elle aime en trouvant du réconfort là où elle peut. Il y a aussi cette maman qui vit le deuil anticipé de son enfant avec tout ce que cela peut signifier et qui désire rester vraie, cohérente envers sa fille à qui elle n’a jamais menti. Il faudrait connaître mieux la situation pour pouvoir donner des éléments de réponse le plus précis possible. Cependant, sur la base de ce que nous comprenons, ce qui semble essentiel, c’est que la maman dise « sa vérité ». Un enfant détecte très facilement les incohérences, les manques d’authenticité. Cela ne sert à rien de répondre : « mais oui chérie, on se retrouvera au ciel » si l’on n’en croit pas un mot.

Être vrai, ça n’a pas d’abord à voir avec des croyances : « la vérité c’est que cette petite fille va mourir, qu’elle sera soulagée de ses douleurs, qu’elle ne sera pas laissée seule, (sauf par moment, si elle le désire), et que sa mère (ses parents ?) sera disponible pour elle ; que ceux qu’elle aime, ses grands-parents, par exemple, viendront la voir autant que possible. Où elle ira après la mort est moins important qu’où elle est maintenant avec sa maman. Si les questions de la fillette persistent, il est important de faire part de son ignorance : « -Tu vois ma chérie, je ne sais pas où on va quand on est mort, mais je peux te dire une chose sûre, tu resteras dans mon cœur et je continuerai à t’aimer pour toujours, parce que cet amour est trop fort pour être arrêté par la mort ».

Si elle insiste et parle des croyances de ses grands-parents, il est bon de confirmer que chaque adulte comprend les choses à sa façon et qu’il s’agit de quelque chose de mystérieux. Une écoute respectueuse, chaleureuse sans discussion sur le continu est probablement le meilleur chemin.

La psychanalyste Catherine Mathelin Vanier écrit à propos des questions ci-dessus :

« Les réponses à l’enfant devraient toujours être en accord avec ce que l’on pense. Quand on ne croit pas, on peut dire : « certaines personnes croient qu’il y a un Dieu qui aurait créé le monde et pensent aussi que, quand on meurt, on va au ciel. Personnellement, je n’en suis pas convaincue. Il y a un grand mystère concernant Dieu… Mais libre à toi de décider ». Il y a deux messages fondamentaux à faire passer à l’enfant. Le premier : « les parents n’ont pas réponse à tout », ainsi ils sortent de leur toute puissance effrayante. Le second : « je suis là, je t’écoute et nous pouvons parler ensemble. Je m’occupe de toi. » Au final, c’est ce qui rassure l’enfant ».

Le pédagogue Garel Yvon écrit à propos de la mort et des enfants en ces termes : « Écouter, c’est sans doute le plus difficile. Nous voulons souvent esquiver les questions, mais aussi les silences alors qu’il nous faut apprendre à écouter ce que disent ces silences. Respecter le chagrin, le silence, et en même temps, apprendre à écouter inlassablement. Pour mieux saisir ce que la mort signifie pour lui, il faut écouter ce que l’enfant nous dit, ce qu’il fait […] » Il conclut : « il ne s’agit pas de donner la bonne parole, mais de nous interroger honnêtement avec l’enfant en partageant une espérance ».

Françoise Dolto, psychanalyste connue écrivait : « un enfant à qui l’on parle en vérité de la mort découvre la vie ».

Au-delà de tout ce qui touche aux réponses à donner à l’enfant, il y a aussi une maman (et peut-être un papa, ce que le mail ne précise pas !) qui ont à vivre une des plus grandes épreuves qui soit, la perte d’un enfant. C’est important que cette personne puisse aussi parler, se confier, prendre soin d’elle, et être soutenue dans ce cheminement. Plus les parents, grands-parents, accompagnants de l’enfant sont paisibles, calmes, plus ils sont utiles auprès de l’enfant en fin de vie. C’est pourquoi, il leur est recommandé de se donner un peu de temps pour eux-mêmes, comme par exemple sortir de l’hôpital, marcher 15 minutes dans un parc en y admirant la végétation ou le soleil qui se couche. Ce n’est pas du temps volé à celui ou celle qui va mourir, mais bien une manière de recharger ses batteries pour avoir plus à partager.

A vous, chère correspondante et à votre sœur, nous souhaitons courage et paix et à chacun de vous, amis lecteurs, une très belle semaine.

– Rosette Poletti

Si vous aussi, vous avez une question ou un témoignage concernant votre deuil, écrivez-nous !

Pour aller plus loin :

Charbonnier Jean-Jacques, La mort expliquée aux enfants, Editions Guy Tredaniel

Dr Olivier Chambon, Oser parler de la mort aux enfants, Editions Guy Tredaniel

Dr Catherine Dolto, Si on parlait de la mort, Editions Gallimard

Les paroles inutiles

Dialogue, des mots pour aider le deuil

Le temps des vacances s’achève et nous retournons aux mails reçus et aux nombreuses situations partagées par nos lecteurs.

Voici ce que Steve nous écrit :

« L’an dernier, nous avons perdu notre fils, âgé de 6 mois, probablement d’une ‘mort blanche’ (mort subite du nourrisson). Pour nous, ses parents, cela a été un cataclysme dans nos vies. Nous n’en sommes pas encore complètement remis. Ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui, c’est de toutes les paroles inutiles et je dirais même ‘offensives’ qui nous ont été adressées à l’occasion de ce deuil. Nous en avons parlé avec mon épouse cet été et nous avons décidé de vous écrire pour que vous abordiez cela dans une de vos chroniques qui sont lues par de nombreuses personnes.

Je vous donne quelques exemples de ces ‘paroles inutiles’ :

  • Maintenant, il est un petit ange
  • Il est au ciel auprès de Dieu (Je précise que nous ne sommes pas croyants !)
  • Il a accompli sa mission sur terre
  • De là où il est, il va vous protéger
  • Vous le retrouverez au ciel
  • Vous aurez bientôt un autre enfant, vous êtes jeunes
  • Est-ce que vous l’aviez couché sur le ventre ? (peut-être êtes-vous responsables en d’autres termes !)
  • Vous vous en remettrez, vous verrez
  • Vous devriez aller dans un groupe de parents qui ont aussi vécu cela

Je m’arrête là. Je pourrais continuer car j’en avais noté plus de vingt de ces phrases stupides, souvent répétées par différentes personnes.

Dans les circonstances que nous avons vécues, il n’y a rien à expliquer. On ne connait pas les causes de ces morts blanches. Tout ce qu’on souhaitait, c’était le respect de nos croyances ou non croyances, de la chaleur humaine et le silence face au mystère.

Certains nous l’ont accordé, heureusement. »

L’inconfort face à la souffrance de l’autre

Au cours des années, nous avons souvent reçu des mails qui décrivaient les souffrances surajoutées par des paroles inadéquates ou ressenties comme cruelles par des personnes en deuil, malades, en fin de vie ou traversant d’autres drames humains. L’une des questions posées par nos correspondants est la suivante : « Pourquoi ne peuvent-ils pas se taire ? »

La plupart des gens ressentent de l’empathie envers ceux qui ont à vivre des événements douloureux, ils imaginent parfois ce que ce doit être de traverser ce drame, cela fait écho en eux et ils ressentent le besoin de soutenir, de consoler à partir de ce qui fait sens pour eux, à partir de ce qu’ils imaginent être consolant.

Voilà la difficulté ! L’autre est autre. Il a ses références, ses croyances et ce qui pourrait peut-être nous consoler, n’apporte aucun réconfort à l’autre, au contraire parfois.

Il fût un temps où, dans une culture donnée, les gens partageaient les mêmes croyances. Il était alors un peu plus facile de trouver des paroles consolantes. Aujourd’hui, dans notre société multiculturelle, en partie, postchrétienne, donner des paroles de réconfort est devenu beaucoup plus hasardeux.

C’est pourquoi, l’écoute sans jugement, sans conseil, ainsi que la présence respectueuse sont beaucoup plus appropriées. Une personne en souffrance a besoin de l’attention des autres : de quoi a-t-elle besoin, comment puis-je lui être utile, que souhaite-t-elle partager ?

Offrir une présence sincère durant le deuil

religion deuilUne religieuse, aumônière d’hôpital racontait qu’un jour on lui avait demandé d’aller annoncer à l’épouse d’un employé de l’institution que celui-ci était décédé dans un accident. Lorsqu’elle vit la personne sur le pas de sa porte, elle lui demanda d’entrer et lui annonça la terrible nouvelle. Après un moment d’émotions très fortes, elle chercha à savoir si l’épouse éplorée désirait contacter quelqu’un :

– « Non, ma belle-sœur devait venir me voir, elle sera là dans trois quart d’heure ! »

– « Souhaitez-vous que je reste avec vous ? »

– « Oui, s’il-vous-plaît, mais ne me dites rien »

La religieuse resta avec cette personne, pour près d’une heure, en lui tenant la main, dans un profond silence, jusqu’à l’arrivée de la belle-sœur. Elle avait simplement offert une présence attentive. Plus tard, la religieuse reçut les remerciements de la veuve qui soulignait à quel point cette présence silencieuse et attentive lui avait permis de retrouver le calme en elle.

La philosophe Simone Weil écrit :

« L’attention est la forme de générosité la plus rare et la plus pure parce qu’elle se tourne vers l’autre et permet de nous donner totalement à lui »

Apprendre à être présent à soi et présent aux autres, voilà un apprentissage qui dure toute la vie. Il s’agit de reconnaître l’écho de la souffrance de l’autre en nous et d’accepter l’inconfort ponctuel que cela peut créer sans se sentir obligé de dire des banalités ou des consolations qui n’en sont pas pour l’interlocuteur. Des phrases comme :

  • Je suis en pensée avec vous
  • Je suis disponible pour vous aider concrètement si vous le désirez

Il y aurait beaucoup à dire sur la relation d’accompagnement des personnes en deuil. Ce sera l’objet d’une autre réponse à d’autres mails.

L’important est de se souvenir que ce n’est en général pas par méchanceté que les paroles prononcées sont parfois si inadéquates. L’intention est bonne dans la plupart des situations, mais l’écho en soi de la souffrance de l’autre amène à « vite dire quelque chose » pour ne plus ressentir cet inconfort intérieur.

Malheureusement, c’est à ce moment-là qu’il aurait été important de choisir le silence et d’offrir l’écoute respectueuse et la présence attentive.

A vous, cher Steve, et à votre épouse, nous souhaitons de retrouver la sérénité et à vous tous, amis lecteurs, nous souhaitons une bonne semaine.

– Rosette Poletti

Si vous aussi, vous avez une question ou un témoignage concernant votre deuil, écrivez-nous !

Pour aller plus loin

Laurence Courvoisier, La puissance de l’écoute, Ed. La Source Vive

Jean Monbourquette et Isabelle d’Aspermont, Excusez-moi, je suis en deuil, Editions Novalis

Christophe Fauré, Vivre le deuil au jour le jour, Ed. Albin Michel

Prise en charge du deuil des adolescents à Vivre son deuil Nord-Pas de Calais

Ce 13ème congrès de la Fédération Européenne de Vivre Son Deuil destiné à la prise en charge des jeunes en deuil dynamisera certainement notre association pour mettre en place de nouveaux projets en direction notamment des étudiants, population qui, jusqu’ici, a été très peu touchée.

Néanmoins, nous avons déjà mis en place quelques axes à Vivre son deuil Nord-Pas de Calais pour la prise en charge des adolescents et des jeunes adultes. Nous vous en présenterons six.

  1. Quand un parent fait une demande par le biais de la permanence téléphonique pour son adolescent endeuillé, nous lui proposons, à lui, une rencontre avec un bénévole de la commission enfants-adolescents, rencontre visant à donner à ce parent des repères concernant les particularités du deuil chez l’adolescent.
  2. Deux possibilités d’accompagnement s’offrent alors pour cet adolescent : une aide individuelle assurée par une bénévole psychothérapeute de VSD plus spécialisée pour les adolescents et la participation à un groupe d’enfants et adolescents pour les ados jusqu’à 13 ans. Un groupe de 6 jeunes ados démarre en ce moment.
  3. Les jeunes, 18/30 ans, appellent l’association en adressant leur demande de soutien personnellement et sont suivis individuellement, intègrent éventuellement un groupe d’adultes endeuillés mais nous n’avons pas de groupe spécifique de jeunes (demande insuffisante)
  4. VSD 59/62 intervient pour sensibiliser et former les professionnels aux particularités du deuil de l’enfant et de l’adolescent (Personnels de Collège et de Lycée et notamment les infirmières, assistantes sociales, médecins scolaires et CPE ; dans l’enseignement tant public que privé (1 à 2  jours de formation) / Personnels du secteur sanitaire / Tout public par des conférences-débat. Depuis 1999, 294 interventions ont eu lieu ayant rassemblé environ  12000 personnes, très majoritairement réalisées par le Dr Guy Cordier, pédopsychiatre. Le texte sur les particularités du deuil de l’enfant et de l’adolescent est consultable sur le site www.vivresondeuil5962.fr
  5. Dans son plan de formation annuel, VSD 59/62 propose une formation de 3 jours à l’animation de groupe d’enfants et adolescents endeuillés pour les bénévoles et professionnels désirant constituer des groupes.
  6. De manière occasionnelle, nous pouvons intervenir dans un collège, un lycée à l’occasion d’un deuil surtout si la cellule de gestion de crise n’a pas pu se mettre en place mais notre vision de la question est de former, donner des repères, des adresses ressources pour permettre au personnel des collèges et des lycées de prendre lui-même en charge le mal-être des élèves.

Nous terminerons par des questions. Nous sommes conscients qu’il y a beaucoup d’adolescents, de jeunes endeuillés qui ont besoin d’aide, et, une des difficultés que nous rencontrons, se traduirait par : «Comment peuvent-ils entrer en contact avec l’association ? » et « Comment nous faire connaître d’eux ? »

Extrait de l’intervention de Françoise CORDIER (VSD Nord Pas de Calais) lors de la conférence de la FEVSD « Les jeunes en deuil ».

Le deuil n’est pas une pathologie mais un destin… Au carrefour du langage et du corps des enfants.

Comment aider les enfants endeuillés durement confrontés à la réalité irreprésentable de la mort ? Nous venons présenter une expérience de seize ans au CMPP de La Rochelle.

Notre « groupe de parole et d’expériences corporelles à médiations » est destiné aux enfants endeuillés de classes primaires (six à onze ans). Cette pratique groupale, qui complète les entretiens individuels et familiaux, nous semble une ressource précieuse. En effet, à cette période de leur vie, les jeunes sont très sollicités par les apprentissages et ne disposent pas encore de toutes les ressources psychiques et intellectuelles des adolescents et des adultes. Le deuil est alors rendu particulier et souvent assez paradoxal.

Cette approche au carrefour du langage et du corps des enfants, se situe entre le soin et l’accompagnement. Si elle a des effets thérapeutiques reconnus, puisqu’elle soulage les enfants et les familles confrontées au deuil difficile, elle reste une action d’accompagnement et non une prise en charge strictement psychothérapique bien qu’elle soit conduite par des professionnels « psy » dans une institution de soins.

En revanche, nos connaissances professionnelles du psychisme, des mécanismes du deuil et la référence à une psychodynamique intégrant la notion d’inconscient, nous permettent de percevoir, au décours des séances successives, des réaménagements particuliers que d’autres dispositifs plus sociaux ou conviviaux ne montreraient pas si clairement.

Au travers d’exemples, de vignettes cliniques et d’images des réalisations de ces enfants, nous essayerons de rendre vivant le cheminement de ces enfants et montreront que la réalisation de tels groupes en d’autres institutions est possible et utile.

Extrait de l’intervention de Michel MONTHEIL (psychologue, psychothérapeute),  Virginie CHADUN (psychologue clinicienne, psychothérapeute) et Anne-Marie PIETRI, (psychomotricienne) lors de la conférence de la FEVSD « Les jeunes en deuil ».

Prends le temps…

 

Prends le temps d’aimer…

Prends le temps d’aimer…
C’est le secret de l’éternelle jeunesse !

Prends le temps de lire…
C’est la source du savoir !

Prends le temps d’écouter…
C’est la force de l’intelligence !

Prends le temps de penser…
C’est la clef de la réussite !

Prends le temps de jouer…
C’est la fraîcheur de l’enfance !

Prends le temps de rêver…
C’est un souffle de bonheur !

Prends le temps de rire…
C’est la musique de l’âme !

Prends le temps de pleurer…
C’est l’émotion d’un grand cœur !

Prends le temps de vivre
Car le temps passe vite
Et ne revient jamais.

>> Découvrez la liste de nos associations, lignes d’écoute et groupes de parole.