Bilan du Congrès « Jeunes en deuil »

Congrès deuil à Lyon

deuil vsd lyonCe sont plus de 300 personnes qui ont participé au dernier congrès de la Fédération Européenne Vivre Son Deuil.

VSD Rhône Alpes (en charge de l’organisation de l’évènement) a réussi à réunir autour du thème « les jeunes en deuil » des bénévoles issu du monde associatif et des professionnels venus en formation continue.

A l’image de sa Fédération, ce congrès a rassemblé des participants venus de toute la France (Doubs, de l’Isère, de la Loire ) mais également d’Europe puisque que l’on pouvait noter la présence de multiples nationalités : des suisses, luxembourgeois, mais aussi des libanais ou encore des canadiens.

Les objectifs et leçons du congrès

L’objectif affiché de ce congrès était fort ambitieux. En effet, le deuil chez les jeunes est un sujet complexe et encore très peu abordé.

Car même s’ils ne croisent pas la mort aussi souvent qu’au siècle dernier, les jeunes ne sont pas à l’abri de vivre la perte d’un proche. Un deuil qui est par ailleurs souvent provoqué par une mort inattendue souvent synonyme de brutalité. Au moment où les énergies sont tendues vers la construction de leurs identités, de leurs études, de leur entrée dans la vie active, le deuil perturbe les jeunes physiquement, psychologiquement et socialement.

Ainsi, les nombreux retours positifs des participants ont mis en avant des pistes d’actions à développer :

  • S’interroger sur les moyens de sensibiliser et d’associer les décideurs politiques et sociaux.
  • Mettre l’accent sur la formation et l’information du grand public
  • La nécessité de poursuivre le travail engagé (utiliser les outils appris durant le congrès) et faire fonctionner les contacts pris lors du congrès pour créer des passerelles entre les structures.
  • Entretenir le climat généreux, sensible et plein d’attention généré par les organisateurs.
  • Multiplier les approches pour trouver la manière de s’adresser aux spécificités des jeunes

« Le deuil peut-être créatif, votre association le prouve, grâce à tous les participants sympathiques et désireux de communiquer en apportant des propos vivants et des mots légers sur un sujet lourd » – Témoignage d’un participant

Des intervenants de qualité

congrès deuil lyonL’accent mis cette année sur la « diversité » a été une composante essentielle de la réussite du congrès. En effet, en plus d’inviter des professionnels connus et reconnus, nous avons décidé de donner la parole à d’autres interlocuteurs plus anonymes, praticiens de l’accompagnement des jeunes en deuil. Cette complémentarité s’inscrivait dans le choix varié des sujets abordés et la volonté de mêler réflexions et pratiques complémentaires. Ainsi, la richesse des apports a procuré le plaisir de travailler sur les fondements des pratiques tout en acceptant leurs limites.

En résulte un congrès qui fut très dense, parfois même un peu trop mais dont le choix des intervenants a été salué par l’ensemble des participants. Nous vous proposons d’ailleurs ci-dessous de retrouver chacune des 22 présentations des intervenants au congrès jeunes en deuil :

> Présentation de « Quand la mort transforme la vie en destinée… » par Yan PLANTIER, Philosophe.

> Présentation de « L’adolescent endeuillé. » par Guy CORDIER, Pédopsychiatre.

> Présentation de « Mourir pour tuer : déclinaison de la mort chez le jeune adulte radicalisé. » par Marie-Frédérique BACQUE, Professeure des universités, Présidente de la société de thanatologie.

> Présentation de « Quand le deuil prend corps. » par Nathalie DUMET, Professeure des universités, Professeure de psychopathologie. Directrice université Lyon 2.

> Présentation de « L’éparpillement du deuil. » par Marc-Antoine BERTHOD, Président de la Société d’études thanatologiques de Suisse romande, professeur à la Haute école de travail social et de la santé -EESP- Lausanne.

> Présentation de « Les accompagnements de jeunes endeuillés après accidents, suicides et attentats. » par Jean-Jacques CHAVAGNAT, Psychiatre, Psychiatre d’adultes, d’enfants et d’adolescents.

> Présentation (annulée) de « L’art du funambule : garder l’équilibre entre ritualité et personnalisation lors des obsèques d’un jeune. » par Jean-Paul ROCLE, Chargé de mission cérémonies et ritualités – Services Funéraires-Ville de Paris.

> Présentation de « Implication des jeunes adultes participant aux cérémonies de funérailles. » par Un membre de L’AUTRE RIVE, Association d’accompagnement des familles lors des cérémonies de funérailles.

> Présentation de « Les jeunes et la mort à l’ère du numérique. » par Martin JULIER-COSTES, socio-anthropologue, chercheur, membre fondateur de l’association Anthropoado.

> Présentation de « Le grand saut. » par Irys PERSY-RENAUD, Réalisatrice.

> Présentation de « Deuils provoqués par un cancer. » par Laurence SYP-SAMETZSKY, sychologue clinicienne, Centre anti-cancéreux Léon Bérard Lyon 8è.

> Présentation de « Face à la perte du parent: ressources et fragilités de l’orphelin. » par Magali MOLINIE, Psychologue clinicienne, Maître de conférence Université Paris / Cornell University.

> Présentation de « Essai sur le deuil spécifique du deuil après suicide chez l’adolescent, témoignages, pistes d’actions. » par Gilles DESLAURIERS, Psychothérapeute et psychoéducateur, formateur Québécois.

> Présentation de « Le deuil chez les mineurs isolés étrangers. » par Roman PETROUCHINE, Chercheur, Psychiatre dans le réseau Samdarra et Juliette LECONTE, Psychologue à France Terre d’Asile.

> Présentation (annulée) de « Accompagnement de personnes endeuillées suite à une mort violente. » par Cynthia MAURO, Chercheur, docteur en psychologie, Officier expert psychologue, SDIS 59. Vice présidente de la Société de Thanatologie.

> Présentation de « Accompagnement de jeunes en deuil en milieu carcéral ; quelles violences ? » par Frédérique BAJUS, Bénévole VSD Picardie.

> Présentation de « In-supportables endeuillés. » par Hélène ROMANO, Docteur en psychopathologie-HDR ; expert près les tribunaux.

> Présentation de « Le deuil n’est pas une pathologie mais un destin… Au carrefour du langage et du corps des enfants. » par Michel MONTHEIL, psychologue, psychothérapeute et Virginie CHADUN psychologue clinicienne, psychothérapeute, Anne-Marie PIETRI, psychomotricienne.

> Présentation de « Notre prise en compte du deuil au collège et au lycée. » par Béatrice BONOD, Conseillère technique de service social du SSFE de la SDEN du Rhône.

> Présentation de « Prise en charge du deuil des adolescents à Vivre son deuil Nord-Pas de Calais. » par Françoise CORDIER, Cde VSD Nord Pas de Calais.

> Présentation de « Quoi de neuf pour les jeunes en deuil en Ile de France ? » par Marie TOURNIGAND, d’Empreintes.

> Présentation de « La rose du deuil. Un outil pour accompagner le deuil et celui des jeunes en particulier. » par Marc BIGLIARDI-SIDER, Ex-président de Vivre Son Deuil Suisse. Psychologue Hôpital de Neuchâtel.

> Vous pouvez également télécharger le livret du congrès « Jeune en deuil ».

Quoi de neuf pour les jeunes en deuil en Ile de France ?

Empreintes accompagne les familles, depuis près de 20 ans. Poursuivant les ateliers enfants, elle propose des rencontres aux parents et aux pères veufs (Empreintes vertes). Or adolescents et jeunes adultes exprimaient eux aussi le besoin de se retrouver entre « pairs ». Les Empreintes jaunes (adolescents) et rouges (jeunes adultes) ont vu le jour.

Les Empreintes jaunes sont des rencontres mensuelles ouvertes proposées aux collégiens et lycéens. Les adolescents témoignent. Les rencontres leur ont apporté : « de la joie, de la bonne humeur, des souvenirs enfouis en moi », « Je me suis sentie comprise par des gens dans la même situation que moi, car avant je n’en connaissais pas ».

Les Empreintes Rouges sont nées du constat qu’en individuel, les jeunes 18 et 25 ans (ou un peu plus…) se sentaient en décalage dans le face à face avec un adulte. Dans les groupes fermés existants, ils ne trouvaient pas leur place.

Pour le psychologue qui anime les Empreintes rouges : « C’est frais, c’est vrai, c’est touchant. Il s’agit que ces jeunes ne restent pas seuls dans ce qu’ils traversent. Leur jeunesse, la dynamique évolutive à elle seule va changer le rapport intérieur qu’ils ont à leur objet d’amour. Ce qui est très différent chez les adultes matures moins mobiles et réactifs dans les recombinaisons psychiques ».

Tous ces groupes sont co-animés par un psychologue et un bénévole. Empreintes les présente au congrès de Lyon 2016.

Extrait de l’intervention de Marie TOURNIGAND (Empreintes) lors de la conférence de la FEVSD « Les jeunes en deuil ».

« Le grand saut », un film de jeunes sur le deuil de jeunes.

Thomas et Luc, vivent en colocation et sont inséparables depuis leur tendre enfance. Malheureusement, la vie de Luc va se terminer brusquement et bouleverser la vie de Thomas d’une manière inattendue.

Le deuil est un passage compliqué et douloureux. Dans beaucoup de films ou séries, il s’agit d’un fantôme qui doit accomplir une tâche pour trouver la paix ou bien une personne qui n’arrive pas à faire le deuil d’un défunt. Je ne voulais pas faire un court métrage dans le registre dramatique mais comique.

Le deuil est un sujet qui a toujours été traité de manières bien diverses. Dans la vie de tous les jours cela effraie beaucoup de gens.
Finalement ce n’est pas parce qu’on ne sait pas ce qu’il y a après la mort, que cela est forcément tragique ! C’est pour ça qu’il était important pour moi d’en faire une comédie.
Thomas ne peut vivre sans Luc et c’est pour ça qu’il continue de le voir même après la mort de celui-ci. C’est parce que Luc est insupportable et invivable, que Thomas fait son deuil. Ce qui m’a toujours permis de garder le sourire et de surmonter mon chagrin, était de me dire que les personnes qui me quittaient, restaient avec moi, qu’elles assistaient tout de même aux événements importants de ma vie, et en même temps qu’elles s’amusaient d’une nouvelle manière. C’est pour cela qu’il était important d’écrire ce court-métrage.

Il était également indispensable pour moi de tourner ce court-métrage dans le sud et plus précisément à Vauvert et Nîmes, car dans un premier temps c’est dans cette région que je suis née et que j’ai grandi. Hélas, c’est aussi là-bas que j’ai eu beaucoup affaire à la mort et au deuil.
Je ne pouvais pas raconter cette histoire autre part. Car tout ce que je suis et ressens aujourd’hui, se trouve là-bas.

Extrait de l’intervention de Irys PERSY-RENAUD (Réalisatrice) lors de la conférence de la FEVSD « Les jeunes en deuil ».

Le deuil chez l’enfant : Intervention vidéo du Dr Michel Hanus

Nous avons retrouvé dans les archives de l’association une intervention de 1989 de notre fondateur : le docteur Michel Hanus.

Ses explications simples et bienveillantes sur le deuil vécu par les jeunes enfants dans l’émission la « 5ème rencontre » de la 5, sont toujours d’actualité et n’ont pas pris une ride malgré les 27 années écoulées depuis la diffusion.

Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir ses éclaircissements qui nous aident à comprendre le deuil chez l’enfant.

Livret enfant

Le cahier à dessiner “Quelqu’un que tu aimes vient de mourir”

Vous pouvez découvrir notre cahier à dessiner conçu spécifiquement pour aider les adultes à accompagner les enfants en deuil. Il vous suffit de cliquer sur le bouton ci-dessous.

[button color= »blue » size= »medium » link= »http://vivresondeuil.asso.fr/ouvrages-videos/quelqu-un-que-tu-aimes-vient-de-mourir.html » icon= » » target= »true »]Commander le cahier[/button]

>> Vous pouvez aussi lire le dossier sur « la résilience chez l’enfant ».

Une semaine riche en rencontres et en évènements

rencontre vsdNous vous proposons le compte rendu d’une semaine riche et bien remplie à la Fédération Vivre son deuil.

Samedi 30 janvier, nous nous sommes rendus à la conférence remarquable et passionnante par Hélène Romano pour EKR . Le sujet étant les « Figures du deuil dans le parcours des réfugiés ». Une réflexion à partir d’une pratique avec ceux qui sont arrivés dans notre pays et qui même naturalisés français, mettront peut-être 3 générations pour accepter et « vivre » autrement les morts du passé.
Une attention très particulière à un vécu différent.

Le jeudi 4 février :  « Pot des voisins » au 33 rue Linné.
Invitation de l’ UNPS aux Fédérations et associations dont plusieurs sont logées avec satisfaction dans l’immeuble.

Vendredi 5 février : 20 èmes journées Nationales pour la Prévention du Suicide.

Des interventions riches et variées dont vous pourrez retrouver le compte rendu sur le site officiel.

Samedi 6 février : Colloque « Deuil et compassion »

Entre autres, signalons le partage d’expérience par Christophe Fauré sur « La compassion au cœur de l’accompagnement des épreuves de vie » et l’exposé de Marcel Rufo : « Comment aider l’enfant en deuil ».

Journée Mondiale pour la Prévention du Suicide

Journee mondiale suicideL’UNPS avait réuni 18 associations le jeudi 10 septembre autour du thème de la prévention du suicide dans les halls de la gare Montparnasse. Le public, avec ou sans bagages s’approchait timidement… et puis « osait » poser sa question.

Nous avons pu répondre à de nombreuses inquiétudes, proposer des aides dans un esprit de convivialité et de bienveillance.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter ce reportage sur le site de la RTS « Le suicide : pourquoi il faut en parler ».

Retrouvez d’autres évènements de prévention sur le site officiel de l’UNPS.

Irvin Yalom : La thérapie du bonheur (Cinéma)

Irvin Yalom - La thérapie du bonheurNous avons eu le très grand plaisir d’être invités à la première de ce très beau film réalisé Sabine Gisiger, ainsi qu’une longue discussion avec l’équipe du film.

Cette œuvre passionnante et résume toute notre marche de vie. L’histoire de ce psychiatre apaisé qui a traversé les aléas de la vie peut apporter l’exemple que le bonheur se fabrique, tout est possible…

Synopsis :

Irvin Yalom, professeur émérite de psychiatrie à l’Université de Stanford est également auteur de nombreux romans pédagogiques, devenus des best-sellers. Nous suivons Irvin Yalom dans son quotidien, dans son rôle de mari, de père et également en sa qualité de psychothérapeute. Irvin Yalom revendique une thérapie existentielle, nous éclairant sur nos doutes, nos angoisses, notamment sur notre rapport à la mort et sur le sens de la vie, questions à la fois intimes, personnelles mais néanmoins universelles et nous guide, en instaurant une relation forte avec son patient, vers le bonheur.

Compte rendu du 12ème congrès « Deuil et monde du travail »

congrès deuil et monde du travail[dropcap]L[/dropcap]e congrès « Deuil et monde du travail » organisé le 19, 20 et 21 novembre a été un beau succès, nous tenons à remercier chaque intervenant d’avoir participé à cet évènement. Vous retrouverez ici la première partie du compte-rendu de cette manifestation qui a regroupé professionnels, bénévoles et personnel soignant de tous horizons.

« Lorsque le travailleur est endeuillé, le retour sur le lieu de travail n’est pas le même qu’habituellement. Le deuil vient à l’encontre des valeurs positives de l’entreprise » – Jean-Jacques Chavagnat, président de la Fédération Européenne Vivre son deuil

Les politiques des employeurs face à la mort : éléments d’appréciation à partir d’une enquête

Intervenant : Tanguy Châtel, sociologue, chargé de mission à l’Observatoire National de la fin de vie, formateur et conférencier.

Résumé de l’intervention :

tanguy-chatel-s-interroge-deuil-travail[dropcap]L[/dropcap]’Observatoire national de la fin de vie a conduit en 2013 une enquête auprès d’un échantillon d’entreprises et de collectivités pour tenter de qualifier les représentations et les politiques des employeurs autour des situations relatives à la mort (fin de vie, décès, deuil) susceptibles d’affecter leurs personnels. Ce sont les premiers enseignements de cette enquête qui ont fait l’objet d’une présentation. Le contraste entre les situations de fin de vie et les situations de deuil est souligné et discuté. »

>> Consultez la présentation de Tanguy Châtel sur « Les politiques des employeurs face à la mort »

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Quand la mort s’invite à l’école

Intervenant : Christine Fawer Caputo, professeure-formatrice Haute Ecole Pédagogique (Vaud).

Thèmes abordés lors de l’intervention :

mort et deuil a l ecole[dropcap]L[/dropcap]’enfant et la mort deux termes antinomiques qu’on a  de la peine à accoler. Et pourtant la mort s’invite parfois à l’école par le biais du décès d’un parent, d’un membre de la fratrie ou d’un élève et il s’agit d’accompagner au mieux l’enfant ou la classe endeuillés. Mais parfois c’est un drame qui survient et qui va secouer tout l’établissement et toute la communauté scolaire et provoquer une situation de crise qu’il faudra gérer du mieux possible afin de rétablir au plus tôt un sentiment de sécurité.

Cette présentation propose de montrer un dispositif de « gestion de crise » en cas de décès dont le canton de Vaud (le plus grand canton romand en Suisse) s’est doté, puis de l’exemplifier avec une situation réellement vécue dans un établissement, soit le décès accidentel et dramatique, lors d’un voyage d’études à l’étranger, d’un jeune de 16 ans.

Consultez la présentation en deux parties de Christine Fawer Caputo :

>> Quand la mort s’invite à l’école, partie 1

>> Quand la mort s’invite à l’école, partie 2

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Vivre un deuil au travail : la mort dans les relations professionnelles

Intervenant : Marc Antoine Berthod, professeur à la Haute école de travail social et de la santé. Docteur en anthropologie de l’Université de Neuchâtel Suisse ( Photo lindaphoto.ch).

Résumé de l’intervention :

Crédit photo lindaphoto.ch[dropcap]S[/dropcap]i le deuil dénote souvent l’épreuve singulière que traverse un individu confronté au décès de l’un de ses proches, il concerne également une multiplicité de personnes – sans nécessairement les affecter dans différents contextes sociaux. Dans le milieu du travail et celui des entreprises en particulier, le deuil est une réalité courante, presque banale des relations professionnelles : entre 5 et 10% de la population active officialise chaque année un congé pour décès.

Or les supérieurs directs ne prennent guère d’initiatives à l’égard des employés en deuil et les collègues peinent souvent à communiquer avec ces derniers. Quelles sont les attitudes des employeurs et des collègues ainsi que les attentes des personnes en deuil dans le monde du travail ? Basée sur une étude anthropologique menée sur plusieurs années, cette conférence propose de répondre à cette question en croisant les points de vue des individus liés par un contrat de travail afin d’aider à identifier des pistes d’action ; elle mettra notamment l’accent sur les situations de deuil des personnes qui ont accompagné un proche gravement malade durant plusieurs mois.

>> Retrouvez la présentation de Marc Antoine Berthod, « Vivre un deuil au travail, la mort dans les relations professionnelles »

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Le futur de l’accompagnement des endeuillés

Intervenant : Rosette Poletti, Présidente Vivre son deuil Suisse.

Résumé de l’intervention :

« J’ai vécu beaucoup de deuils dans ma vie. Je n’ai jamais été révoltée. Une amie qui suit des cours de psychologie me dit que je dois exprimer ma colère, sinon je peux tomber malade. Qu’en pensez-vous ? Cela m’inquiète. »

Chaque être humain est unique

Deuil Rosette Poletti etapes[dropcap]L[/dropcap]a question posée par notre correspondante me donne l’occasion de clarifier des mythes forts répandus. Dans les années soixante, une femme remarquable, nommée Elisabeth Kübler-Ross a publié un livre « Les derniers instants de la vie », dans lequel elle décrit cinq étapes, cinq moments que traversaient, d’après elle, les personnes en fin de vie. Elle avait construit cette description sur la base de plus de 200 interviews avec des personnes hospitalisées. Ensuite, elle avait reconnu dans tous les récits qu’elle avait obtenu, des similitudes qui l’avaient amenée à postuler qu’une personne en fin de vie passait par une période de choc, puis de révolte, de marchandage, de déprime et finalement d’acceptation. Ainsi, le but ultime était d’accepter de quitter la vie et d’atteindre le calme et la sérénité. Ce « programme » était très utile, c’était la première fois que quelqu’un avait consulté des mourants pour savoir ce qu’ils vivaient vraiment, au lieu de parler de leur expérience sans rien en connaître comme l’avaient fait jusque-là des philosophes, médecins ou théologiens.

Très rapidement, les ouvrages de Kübler-Ross devinrent des best-sellers et les cinq étapes qu’elles décrivaient furent enseignées dans toutes les universités et écoles de soignants du monde occidental, et devinrent rapidement « connaissance publique ».

On commença à appliquer la théorie de Kübler-Ross aux endeuillés qui devaient aussi avancer à travers ces étapes pour atteindre l’acceptation. Il y avait un chemin à suivre et manquer une étape comme celle de la révolte, colère ou celle de la déprime pouvait être interprété comme problématique. Kübler-Ross elle-même n’était pas dogmatique à propos de ses travaux et soulignait le fait que ces étapes n’étaient pas forcément vécues l’une après l’autre.

Ce sont les élèves de cette femme remarquable qui ont, petit à petit, utilisé ses hypothèses comme s’il s’agissait de faits immuables.

Ainsi, à l’heure actuelle, une personne en deuil qui ne pleure pas, n’exprime pas de colère et peut tourner facilement la page reste suspecte.

Les nouvelles théories concernant le deuil et les endeuillés

Depuis une quinzaine d’années et plus particulièrement depuis la chute des Twin Towers à New York dans lesquelles plusieurs milliers de personnes sont mortes, la question du deuil est revenue sur l’avant-scène. Des recherches financées par l’Institut National de Santé Mentale aux Etats-Unis ont permis de vraiment comprendre ce qui caractérisait le processus de deuil. Des chercheurs comme George Bonanno, à Columbia University à New York et son équipe ont eu accès à de très nombreux endeuillés et leurs résultats de recherche sont éclairants. Parmi ceux-ci, citons le fait que, contrairement à ce que beaucoup ont cru, exprimer sa colère, sa révolte et sa tristesse, cela n’est pas forcément aidant dans le processus de deuil. Le fait de sourire et réprimer ses émotions négatives est souvent plus efficace pour s’adapter à une perte.

Un autre aspect des recherches de Bonanno met en évidence que la grande majorité des endeuillés est capable de rebondir sans recevoir d’aide. Ces personnes sont en relation avec les autres, elles ne s’isolent pas, elles croient en leurs capacités de faire face et elles sont ouvertes à de nouvelles expériences. Le deuil n’est pas une maladie, il n’y a pas de parcours balisé et obligatoire pour s’en sortir, chaque personne découvre ses propres stratégies qui devraient être respectées et non jugées.

Il arrive cependant que des circonstances compliquent la « cicatrisation » que représente le deuil : l’isolement, d’autres stress concomitants, une mauvaise santé physique, des difficultés relationnelles, entre autres. Pour toutes les personnes en deuil qui vivent ces difficultés, il est important qu’il existe de l’aide : groupes de parole, lignes téléphoniques comme « la Main Tendue » ou l’Association « Vivre son deuil », café-deuil, possibilité d’entretiens, possibilité de s’exprimer sur des forums internet et « suivis de deuil » par des professionnels, mais tout cela ne doit pas rester qu’une offre et non pas une voie royale convenant à tous les endeuillés.

Le professeur Bonanno, malgré la qualité des recherches qu’il mène a beaucoup de peine à se faire entendre, car les résultats qu’il présente vont à l’encontre des croyances de beaucoup de professionnels du secteur de la santé. Lorsqu’il écrit par exemple : « La plupart des gens sont capables de surmonter leur deuil. Certains font face de manière exceptionnelle. Parfois la qualité de vie s’améliore considérablement après le décès d’un être aimé. » (Surtout lorsque l’être aimé a vécu une longue maladie !). Bonanno va à l’encontre d’idées bien établies, mais qui n’étaient pas basées sur des recherches sérieuses.

Les résultats de ces recherches ont étés présentés, ainsi que de nouveaux moyen d’aider les endeuillés à s’aider eux-mêmes grâce à des techniques simples comme l’EFT ( libération des émotions grâce à des tapotement sur la fin de certains méridiens d’acuponcture) ou EmoTrans ( transformation des émotions) qui vise aussi à libérer les émotions d’une manière simple à utiliser par la personne elle-même. Toutes nos connaissances évoluent et des moyens nouveaux permettront aux personnes endeuillées de rejoindre le courant de la vie, peut-être avec moins de souffrances.

>> Consulter la présentation de Rosette Poletti sur « Le futur des personnes endeuillées »

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Le deuil dans l’entreprise, quels impacts ?

Intervenant : Patricia Rege, Rehalto.

Résumé de l’intervention :

Patricia REGE REHALTO deuil[dropcap]F[/dropcap]ace aux différentes situations de deuil en entreprise (suite à maladie, accident du travail ou non, suicide, deuil indirect), le lien social se trouve bousculé parfois même déstructuré. Cette situation considérée souvent comme relevant de la sphère privée, renvoie l’entreprise, comme tout groupe social structuré, à son impuissance et à son manque d’aisance à traiter les sujets humains et sociaux à fort caractère émotionnel.

Et pourtant, il convient d’analyser les impacts de ces situations sur les vivants, tout comme sur la structuration du lien social qui constitue, aujourd’hui encore plus qu’avant, l’un des actifs immatériels de l’entreprise, que cette dernière ne peut pas négliger. Sous-tendu par des valeurs profondément humanistes ou des actions pragmatiques de gestion du corps social, chaque organisation est partie prenante dans la gestion du deuil qui s’impose à l’entreprise comme une nouvelle situation à prendre en compte.

>> Retrouvez la présentation de Patricia Rege Rehalto sur  » La gestion du deuil en entreprise »

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Impacts du deuil dans le monde du travail. Apports de la médiation quand situations-problèmes et conflits émergent

Intervenant : Martine Balayn, praticienne de la médiation depuis 14 ans, issue de la profession d’avocat, formatrice et responsable pédagogique au Conservatoire National des Arts et Métiers (Cnam) LR du certificat de compétence « Les pratiques de médiation »

Résumé de l’intervention :

martine-balayn-deuil-mediation[dropcap]L[/dropcap]e décès d’une personne dans le monde du travail, quelque soit la place qu’elle occupait dans l’entreprise, l’administration et même l’association puisque toutes les structures sont concernées, impacte plus ou moins les hommes, les organisations, les familles et leurs proches, selon que le deuil est accompagné ou pas au sein de l’entreprise.

La mort par accident, maladie ou suicide a fortiori quand elle est la conséquence d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle ou d’un suicide sur le lieu de travail fait l’effet d’une bombe au sein de l’organisation comme de la famille. La mort peut mettre à jour des non-dits, révéler des  dysfonctionnements organisationnels, des conflits de personnes ou des situations-problèmes professionnelles ou personnelles ignorées ou cachées, volontairement ou non, empêchant ou bloquant le processus de deuil.

Les médiateurs formés à la médiation, qui ont une expérience de la médiation en entreprise, constatent que cela peut s’expliquer par l’absence de lieux de parole non « psychologisées », d’analyses de pratiques professionnelles confidentiels au sein des organisations, de personnel formé à l’écoute, à la gestion constructive des conflits.

La mort au travail, quelle qu’en soit l’origine, ne laisse personne indifférent ni indemne. Ces répercussions négatives sur les hommes comme sur les entreprises sont immenses d’autant plus grandes qu’elles ne sont pas traitées. Les émotions, sentiments et ressentis générés, exprimés ou non, envahissent tout l’espace, créent des situations de sidération, d’incompréhension, de résistance, de colère, de rupture, de conflit, voir de crise. On cherche des responsables, chacun imputant la responsabilité du décès à l’autre. La carence de l’employeur, les dysfonctionnements du management, les limites de la médecine, la fragilité du défunt sont évoqués et pointés du doigt.

La mort dans le monde du travail peut être vécue par ceux qui doivent y faire face comme une déclaration de guerre, chacun affutant ses armes pour en sortir victorieux ou avec le moins de perte possible. Sur le terrain, se confrontent directement ou indirectement la famille, les proches du défunt, les instances représentatives du personnel, l’inspection du travail, les salariés eux-mêmes mais aussi l’employeur faisant grief au défunt de s’être par exemple affranchi, de son vivant, du respect des règles de sécurité de l’entreprise au mépris de sa propre sécurité ou de celle d’autrui. Il faut un coupable, un responsable. Selon que les personnes endeuillées recourent à la Justice (très souvent) ou à la médiation (encore trop rarement), la confrontation ajoutera du conflit au conflit (le procès) ou au contraire permettra, peut-être in fine, l’expression de d’une compréhension réciproque utile pour traverser l’épreuve du deuil (la médiation)

D’un côté : « Il doit payer pour tout le mal qu’il m’a fait. ». De l’autre : « Il doit comprendre tout le mal qu’il m’a fait pour qu’à mon tour je puisse essayer de le comprendre pour trouver ensemble une solution satisfaisante pour lui comme pour moi. » Entendez-vous la différence ?

Du côté judiciaire, la solution est subie et imposée par le juge. Du côté de la médiation, les parties coopèrent et ont la maîtrise de la solution, le médiateur n’ayant aucun pouvoir de décision. Vous en conviendrez peut-être avec moi, l’impact de la solution imposée ou de la solution choisie n’a pas les mêmes effets sur la personne, physique ou morale, et sur la relation.

Les personnes endeuillées, qui font le choix de la médiation, privilégient la rencontre avec celui ou ceux par qui leur malheur est arrivé.  « Je sais que l’argent ne me la rendra pas ». « Ma souffrance n’a pas de prix… ». « Il faut qu’il m’entende (sous-entendu qu’elle me comprenne) ». « Je veux leur dire en face toute ma haine et ma colère.»

Les personnes endeuillées qui font le choix de la médiation veulent également avoir des réponses aux questions qu’elles se posent. En voici quelques unes : « Je veux savoir comment ça s’est passé ». « Je veux qu’on me dise pourquoi il en est arrivé là ». « Comment se fait-il que personne n’est rien vu venir (sous-entendu parfois pas même moi) ? », « Comment cela aurait-il pu être éviter ? ». « Qu’avons-nous fait ou pas fait ? » (Nous ses collègues, son employeurs, sa famille, ses proches). « Comment éviter que cela ne se reproduise une nouvelle fois ? ». « Plus jamais ça ? ».

En entretien individuel de pré-médiation j’entends souvent : « J’ai besoin de lui dire les yeux dans les yeux ». Les personnes endeuillées peuvent avoir besoin de dire à celui ou ceux qu’elles tiennent pour responsable combien elles souffrent. « S’ils pouvaient souffrir autant que je souffre ». « S’il était à ma place… ».  Certaines peuvent avoir besoin pour « se réparer » d’exprimer sans intermédiaires, leurs émotions, leurs ressentis et leurs sentiments. « Il faut que je lui dise en face tout ce que j’ai sur le cœur. » « Il faut qu’ils m’entendent (sous-entendu qu’ils me comprennent) ». « Il doit savoir que c’est à cause d’eux que je… nous, sa femme et ses enfants… ». Les personnes endeuillées ont besoin d’être accueillies, écoutées, reconnues, comprises et non jugées. A leur tour alors, et seulement dans ces conditions, elles pourront tenter de comprendre et d’accepter l’inacceptable. Le médiateur professionnel, formé, indépendant, neutre et impartial offre cette espace de parole à toutes les parties concernées directement et indirectement par le deuil.

Au cours de mon intervention, je réponds aux questions suivantes :

– Qu’est ce que la médiation ?

– Pourquoi et quand recourir ou pas à la médiation ? Pour sortir d’une situation-problème, conflictuelle ou de crise entre des personnes, des services, des organisations (médiation curative). Mais aussi pour anticiper, prévenir une situation-problème, un conflit en remettant du dialogue quand il a été interrompu, en le facilitant en situations de tensions (médiation préventive).

– Les grands principes de la médiation : la liberté et l’adhésion des parties au processus qu’elles peuvent interrompre à tout moment, la neutralité, l’impartialité, l’indépendance du médiateur, responsable du processus sur la forme mais pas sur le contenu, l’empathie, la confidentialité.

– Le processus de médiation et ses quatre phases.

– Les règles de communication.

– Les points évoquées en médiation.

– Les limites.

– Les perspectives, la médiation est une pratique en progression dans l’entreprise. Y ont recours tous les personnels de l’entreprise qu’il y est un lien hiérarchique ou pas.

>> Retrouvez la présentation de Martine Balayn sur « L’impact du deuil dans le monde du travail : les apports de la médiation

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Comment et pourquoi avoir recours au médecin du travail et au médecin traitant avant et lors de la reprise du travail en situation de deuil

Intervenant : Marie-Pierre Barrière, médecin du travail Association Interprofessionnelle de Santé et de Médecine du Travail Nîmes.

Résumé de l’intervention :

[dropcap]C[/dropcap]ontinuer ou reprendre son travail après le décès d’un proche peut nécessiter d’aménager le poste de travail. Ceci peut se faire après un arrêt de travail ou sans que la personne endeuillée n’ai bénéficié d’arrêt maladie.

Le code du travail prévoit une visite médicale du travail de reprise pour tout salarié ayant été arrêté au moins 30 jours. Dans toutes les autres situations, le médecin du travail peut être sollicité, à la demande du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil de la CPAM ou de l’employeur. Si cela s’avère nécessaire, le poste de travail pourra être aménagé en tenant compte de différents critères que nous illustrerons de cas concrets.

>> Retrouvez la présentation de Marie-Pierre Barrière sur « Comment et pourquoi avoir recours au médecin du travail ? »

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L’accompagnement des situations de deuil chez les gendarmes

Intervenant : Capitaine Wittig, psychologue auprès des gendarmes du Languedoc-Roussillon.

Résumé de l’intervention :

[dropcap]F[/dropcap]orce humaine de près de 105 000 hommes et femmes placée sous l’autorité du ministère de l’intérieur, la Gendarmerie Nationale est une institution militaire garante de la sécurité et de la paix de nos concitoyens et de la protection de leurs biens. Elle assure des missions de police judiciaire, d’assistance à personne, de maintien de l’ordre et participe à la défense de la Nation. Disponibles « en tout temps et en tout le lieu », en métropole ou en outre-mer, comme à l’étranger, les gendarmes peuvent, à travers leurs missions, être confrontés à des situations difficiles. Il arrive qu’ils soient endeuillés par la mort brutale d’un camarade.

Depuis maintenant 16 ans, la Gendarmerie Nationale s’est dotée de psychologues cliniciens qui interviennent au quotidien, « au chevet » des unités de gendarmerie touchées par des événements graves. Une vignette clinique permet d’illustrer l’accompagnement mis en place par l’institution à court, moyen et long terme, lors d’une situation de deuil chez les gendarmes et leurs familles.

>> Cliquez pour consulter la présentation du capitaine Wittiq sur « l’accompagnement des situations de deuil chez les gendarmes »

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Nous souhaitons que ces ressources puissent vous être utiles. N’hésitez pas à partager le compte-rendu du congrès « Deuil et monde du travail » par mail, ou via les réseaux sociaux.

Focus sur le livret « Vous êtes en deuil »

Vivre son deuil vous propose de vous attarder sur quelques pages du livret « Vous êtes en deuil » pour nous rappeler qu’il est normal de souffrir, qu’il est nécessaire de pleurer et que la traversée du chagrin va prendre du temps.
Voici quelques repères pour vous qui vivez un deuil et pour ceux qui souhaitent mieux vous comprendre.

Extraits :

27771-livret1Quand nous perdons un être aimé, quelque chose à l’intérieur de nous se rompt.Les toutes premières semaines, nous sommes très occupés et en général bien entourés, mais vient ensuite un temps beaucoup plus difficile, celui de la douleur profonde, de la solitude… et le long chemin des questions.

Souvent alors, nous ne savons plus du tout où nous en sommes, ni même qui nous sommes vraiment

Mais à qui parler ? Qui peut comprendre, qui peut savoir ce que nous vivons ? Et puis les autres vont peut-être penser que nous répétons toujours les mêmes choses ? Ou que, le temps passant, nous devrions déjà aller mieux

La mort d’un être cher est dévastatrice. C’est un véritable ouragan qui ébranle tous nos repères et toutes nos perspectives. Nous étions en chemin, et voilà que, tout à coup, tout est remis en question.
L’avenir ne peut plus avoir le même sens. Il n’est plus possible de s’y projeter de la même façon. Débute alors ce que l’on appelle le travail de deuil. C’est une période très particulière, et nécessaire, faite de déséquilibre et de travail intérieur. Car les données de la vie ne sont brutalement plus les mêmes, et c’est bien ce que le cœur et l’esprit vont devoir peu à peu intégrer…

« Ce n’est pas vrai ! »

Le caractère inattendu de la mort d’un proche, même lorsque celui-ci était malade, nous met dans un état de choc. Nous ne voulons pas croire à cette réalité et nous pouvons même aller jusqu’à la nier. Nous nous trouvons dans un état de sidération, c’est à dire que nous sommes soudainement assommés sous l’effet de ce choc émotionnel. Nous sommes même affectés physiquement : nous nous sentons anesthésiés. Cela peut se traduire par une accélération des battements du coeur, une baisse de tension artérielle, des difficultés à respirer, parfois même un évanouissement… Nous perdons l’appétit et le sommeil. Ces signes physiques, et bien d’autres, sont autant de manifestations d’un état émotionnel intense, lié à la brutalité du choc…

– « Quand le médecin m’a annoncé la nouvelle, j’entendais mon coeur battre très vite, j’avais froid et j’ai senti que mes jambes ne me portaient plus »…

Cet état de sidération peut durer quelques secondes jusqu’à plusieurs jours. L’enterrement, qui nous met en face de la réalité, peut alors nous sortir de cet état de choc.

– « Entre le jour de sa mort et celui de l’enterrement, je suis restée assise. C’est l’enterrement qui a tout déclenché. J’ai pleuré toute la journée ».
« Je le vois partout »

Nous sommes obsédés par les derniers moments passés avec le défunt et par l’instant de sa mort. Nous ressentons aussi le besoin de chercher l’autre à l’intérieur de nous-mêmes, par les souvenirs, en lui parlant.
– « Je lui parlais dès le matin et je lui disais bonne nuit le soir. Je lui parlais intérieurement, je cherchais les ressemblances que j’avais avec lui ».
Nous cherchons également le défunt à l’extérieur : chaque signe, bruit, objet, odeur peuvent nous rappeler l’être perdu et nous avons alors l’impression qu’il est présent.
Parfois, la silhouette, la démarche, l’aspect d’une personne inconnue dans la rue peuvent ressembler au disparu, au point que nous éprouvons le besoin d’aller nous assurer que ce n’est pas lui.
– « Cette personne avait le même blouson rouge. J’ai couru pour voir si c’était lui ».
C’est le temps qui peu à peu estompe ces pensées.

« J’aurais dû… »

Notre besoin de comprendre ce qui est arrivé nous pousse à réfléchir à ce que nous aurions pu mieux faire. Nous nous sentons coupables, lorsque nous pensons à ce que nous avons ou n’avons pas fait.

– « J’aurais dû rentrer quand il m’a appelé pour me dire qu’il se sentait mal… J’aurais dû appeler le médecin… Je n’ai pas été capable d’atténuer sa douleur »…

« Est-ce que je dois pleurer ? »

Nous sommes tellement accablés que nous croyons devenir fous !

Certaines personnes se demandent si cela est bien de pleurer. Nous avons chacun notre manière de réagir. Le chagrin peut arriver devant un objet, un vêtement ayant appartenu à la personne décédée, un souvenir évoqué par l’entourage…

Il peut parfois venir par vagues, aux moments où nous ne nous y attendons pas.

– « Je souffre trop, j’ai mal. Je me demande si cela finira un jour ».

– « Je me disais qu’un homme ne devait pas pleurer. Je m’enfermais dans le garage pour y pleurer seul ».

Il peut nous arriver de nous sentir déprimés. Nous n’avons alors envie de rien. En nous levant le matin, nous avons des appréhensions quant à la journée qui va se dérouler. Nous n’avons plus goût à rien.

Il est naturel de ressentir de tels sentiments. Le vide laissé par le défunt peut causer cet état d’esprit. C’est la manifestation de notre détresse morale, de notre sentiment d’inutilité qui peut nous habiter un certain temps. Nous pouvons même parfois penser au suicide.

Si cet état s’installe, il faut faire l’effort d’en parler…

Le chagrin, les larmes, les sentiments qui accompagnent notre tristesse sont tout à fait normaux et même nécessaires. Ils permettent d’exprimer la douleur et, même si pleurer ne change rien, nous nous déchargeons ainsi de nos tensions…

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Nous possédons tous au fond de nous des ressources insoupçonnées. Ce sont souvent les moments difficiles qui nous les révèlent.
Alors, ouvrons nos fenêtres à ces nouvelles forces et permettons leur de nous aider à renaître progressivement à la vie.

Photographies de François-Xavier Bouchart – © Nadine Beauthéac-Bouchart

Vous pouvez commander cet ouvrage sur la page du livret « Vous êtes en deuil »

Fédération Vivre son deuil, qu’est-ce que c’est

La Fédération Vivre son deuil, qu’est-ce que c’est ?

Quand vous avez un projet qui vous tient à cœur, un ensemble de personnes qui y adhèrent, que vous avez élaboré des statuts : vous pouvez créer une association.

Votre association va grandir, un jour vous voudrez peut-être vous lier avec d’autres associations actives dans toute la France qui ont le même but. Et il est possible que, ensemble, vous vous regroupiez autour d’un même objectif, une mission commune : accompagner les personnes qui traversent l’épreuve du deuil.

Notre fondateur, Michel Hanus, tenait beaucoup à ces unions. Certaines de nos associations ont simplement grandi, en formant une sorte de pôle inter-associatif. D’autres ont multiplié les lieux d’intervention. D’autres encore se sont regroupées en collectif. Signalons aussi le cas original de Spama qui a des représentants délégués dans de très nombreux lieux.

Il est bien précisé dans nos statuts que chaque association garde son autonomie. Toutes nos associations prennent officiellement le nom « Vivre son deuil », et selon certaines formalités, entrent dans la Fédération Européenne Vivre son deuil.
Notre Fédération qui regroupe toutes ces belles associations qui accompagnent le deuil, fait elle-même partie de la SFAP, de l’UNPS, de l’UNAF et d’autres, pour lesquelles nous payons une cotisation.

Et que font ces grandes structures pour nous ? Beaucoup de choses !

L’organisation de congrès, de colloques, d’échanges, de formations, de publications, de références…
Votre Fédération vous représente auprès des pouvoirs publics et de différents structures. Nous répondons à des demandes très diverses (sur les lieux d’entraide, les rituels, les formations, les aides à apporter en cas de suicide dans une entreprise ou dans un établissement scolaire…)

Pour résumer : Nous informons, nous formons et nous accompagnons. Pour en savoir plus sur l’esprit qui anime chaque antenne de notre Fédération, vous pouvez lire le dossier sur notre philosophie de l’accompagnement.

Les antennes locales

Les antennes de la Fédération sont présentes dans toute la France. Vous trouverez une association Vivre son deuil près de chez vous. Vous pouvez consulter le catalogue des associations Vivre son deuil.

Les formations

Chaque année nous proposons un catalogue toujours plus varié de formations, afin d’apporter notre expertise de plus de 20 ans aux professionnels et aux bénévoles de tous horizons souhaitant parfaire leurs compétences dans l’accompagnement des personnes en deuil.